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Jessica Alicia LOPEZ

Doctorant
Université Jean Moulin Lyon 3

Mots Clefs

études de genre

intersexué

transsexuel

identité

études transtextuelles

représentation du corps

liens entre le corps et l'âme

Résumé de la thèse

Le corps qui est sans nom et illisible, faute de l’existence d’une langue pour s’exprimer, et qui est aussi caractérisé par son incapacité d’être défini par une langue cohérente ou précise - ou même par le pronom approprié - est néanmoins traité comme un objet visuel en même temps qu’il est visé, intensifié et magnifié dans ce que je nomme « les arts obscènes », c’est-à-dire les mélodrames et les films pornographiques. Dans ce contexte, les normes phallocentriques d’une culture patriarcale et obsédée par le besoin de réviser le sexe (Foucault) s’agrandissent et se réduisent à l’essentiel : la méfiance face à la différence, la nausée basée sur le genre, la saleté du corps. Le « corps flou », autrement dit le corps multisexué ou trop sexué (trop d’organes), est illégitime parce qu’il ne convient pas à la vision dichotomique du genre ou du sexe. Par conséquent, le plaisir de l’indicible littérale (est-ce que c’est une femme, un hermaphrodite ou une transsexuelle ?) est transféré et réintégré dans les conventions circonscrites du colloïde.

Le corps multisexué, que signifie-t-il au propriétaire de ce corps, à l’artiste qui donne une performance de genre et de sexe ? Et que signifie-t-il à l’audience de la performance ou bien à la société ? Je m’intéresse à ces arts comme les représentations de la façon dont la société construit, réfute ou exprime la notion de « genre ». Je m’intéresse également à la façon dont les corps anonymes sont néanmoins capables de s’exprimer. Au-delà de la construction, de la biologie et de la performance, je cherche à prouver que les identités personnelles, individuelles et changeantes sont créées par les relations entre la performance, le sexe, le genre et les organes.