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Corentin MARGIRIER

Doctorant
Université Jean Moulin Lyon 3

corentin.margirier@wanandoo.fr

Résumé de la thèse

Pratiques confucéennes de la ritualité dans le Japon des Tokugawa.

L’époque d’Edo (1603-1868) est une période charnière de l’histoire japonaise, marquée dans le domaine des idées par l’émergence de problématiques nouvelles qui, bien que très diverses par leur formulation, s’articulent autour d’un questionnement sur les fondements de l’ordre et de sa justification. Le confucianisme, doctrine de l’« ordre » dans toutes les acceptions du terme - politique, social, moral, voire cosmique -, en offrant à ces problématiques les moyens conceptuels de leur expression, occupa une place centrale dans la vie intellectuelle de l’époque.

Notre approche du confucianisme se veut originale en ce que nous priviligions à une analyse traditionnelle des textes, des concepts et des auteurs, une étude des pratiques, en particulier rituelles. Notre thèse prendra pour objet le sekiten - ou sekisai -, un rite périodique consistant en la présentation d’offrandes devant les images de Confucius et d’un ensemble variable de Sages et des Saints. Cette pratique, restée extrêmement confidentielle avant l’époque d’Edo, nous apparaît comme un exemple de tradition « ré-inventée », reconstituée à partir de sources anciennes parfois divergentes, faisant régulièrement l’objet de réformes, d’adaptations, et dont la pertinence a souvent fait débat.

Nous tenterons de déployer trois axes d’analyse, celui de la matérialité tout d’abord, en nous intéressant aux lieux, gestes et objets du rite, dont la pratique reste encore très largement méconnue. Une analyse du contenu du rite et des discours qui s’y rapportent nous permettra d’aborder ensuite la dimension culturelle, et d’observer l’ensemble des ressources symboliques, mythiques ou « philosophiques » convoquées par les contemporains pour donner à la pratique son sens et sa valeur. Nous considérerons enfin la dimension sociale dans laquelle les acteurs du rite évoluent, animés par des stratégies, des jeux de pouvoirs, des identités de groupe qu’il s’agira de décrire.

Notre travail, s’inscrivant dans la lignée d’une histoire culturelle et sociale, s’attachera à montrer les imbrications de ces trois dimensions dans la pratique du sekiten, et par là, à tenter de convaincre de l’intérêt propre d’une étude de la ritualité confucéenne qui, loin de se résumer à un objet ancillaire de l’histoire des idées, peut éclairer de façon renouvelée la réception et la place réelle du confucianisme à l’époque d’Edo. Cette réflexion sera aussi l’occasion de penser les rapports ambivalents du Japon prémoderne avec l’héritage chinois ancien dans son ensemble, rapports qui, oscillant entre identification et distanciation, ont conditionné la formation de l’identité japonaise moderne.

Diplômes

2014-2015 : Echange à l’université Keiô (Tôkyô).
2013 : Licence LLCE chinois (mention B), Université Jean Moulin - Lyon 3.
2012-2013 : Echange à la Hunan Normal University (Changsha, RPC).
2012 : Master LCE études japonaises (mention TB), Université Jean Moulin - Lyon 3.
2010 : Licence LLCE japonais (mention TB), Université Jean Moulin - Lyon 3.
2009-2010 : Echange à l’université de Waseda (Tôkyô).

Langues

Français
Anglais
Japonais
Mandarin